Le Colisée de Rome

le Colisée

Le Colisée est un amphithéâtre construit à Rome sous l'Empire, entre 70 et 80 après Jésus-Christ, sur ordre de Vespasien puis achevé sous Titus. Son nom officiel était l'amphithéâtre flavien, du nom de la dynastie qui l'a fait édifier.

Un geste politique

Le site choisi n'est pas neutre : le monument s'élève sur l'emplacement du lac artificiel de la Maison dorée de Néron, la résidence démesurée que le précédent empereur s'était fait construire au cœur de la ville après l'incendie de 64.

Rendre au peuple un espace que Néron s'était approprié était un message explicite. Les Flaviens, arrivés au pouvoir après une année de guerre civile, avaient besoin de légitimité, et ils l'ont cherchée dans la générosité publique.

Le financement provient en partie du butin de la prise de Jérusalem en 70, ce qu'une inscription du monument mentionnait.

L'architecture

L'édifice mesure environ 188 mètres sur 156, pour une hauteur de près de 50 mètres. Il pouvait accueillir plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, répartis selon un ordre social strict : les places les plus proches de l'arène étaient réservées aux sénateurs, les plus hautes aux femmes et aux plus modestes.

La façade superpose trois niveaux d'arcades, chacun d'un ordre différent, dorique, ionique, corinthien, surmontés d'un attique. Cette superposition d'ordres est devenue un modèle recopié pendant deux millénaires.

La véritable prouesse est ailleurs : dans la structure. L'usage du béton romain, coulé en voûtes et en arcs, permet de porter des gradins sur des volumes creux, c'est ce que les Flaviens ont développé, et c'est ce qui rend possible un tel édifice sans remblai.

L'évacuation était calculée : 80 entrées numérotées, des couloirs de distribution, des escaliers dédiés par catégorie. Les estimations situent le temps de vidage à quelques minutes, un résultat que peu de stades modernes égalent.

Les spectacles

Rome comptait chaque année un très grand nombre de jours de fête, et beaucoup se tenaient au Colisée. La journée type suivait un ordre : chasses d'animaux exotiques le matin, exécutions à la mi-journée, combats de gladiateurs l'après-midi.

Les gladiateurs étaient pour l'essentiel des esclaves, des condamnés et des prisonniers de guerre, mais aussi des professionnels volontaires, entraînés dans des écoles, dotés d'un statut ambigu, méprisés socialement et célébrés comme des vedettes.

Sous l'arène se trouvait un réseau de couloirs et de monte-charges, l'hypogée, qui permettait de faire surgir animaux et décors. Il est aujourd'hui visible, la plate-forme ayant disparu.

Le déclin

Les combats de gladiateurs cessent au cinquième siècle, les chasses au sixième. Le monument sert ensuite successivement de forteresse, de logements, d'ateliers et de carrière de pierre : une partie du travertin de la façade sud, effondrée après des séismes, a été réemployée dans des édifices romains.

C'est cette carrière, plus que le temps, qui explique l'état actuel du monument.

Conservation

Le Colisée figure au patrimoine mondial et compte parmi les monuments les plus visités au monde, avec plusieurs millions d'entrées annuelles. Cette fréquentation est elle-même une menace, et l'accès est désormais régulé par créneaux et jauges.

Les campagnes de restauration menées ces dernières décennies ont porté sur le nettoyage des façades, la consolidation des structures et la réouverture de parties longtemps fermées, dont l'hypogée et les niveaux supérieurs. Les principaux facteurs de dégradation identifiés sont la pollution atmosphérique, les vibrations liées au trafic et à la circulation souterraine, et les infiltrations d'eau.

Ressources utiles